Retour sur la Rencontre des Solidaires 2026

Rencontre des solidaires 2026 : s’engager ensemble pour une société plus respirable à tous niveaux !

Publié le : 18 juin 2026 13:50

Ce fut une journée aux accents politiques, pour « se faire du bien et se mobiliser » entre acteurs malmenés et délégitimés. La « Rencontre des solidaires » de l’APES a rassemblé, le 11 juin dernier, plus de 170 personnes au Bazaar St So de Lille. La rencontre a fait le plein dans ce contexte difficile, avec de nombreuses subventions réduites, des retards de paiements, des licenciements en hausse, voire des disparitions d’organisations. Et pourtant, les besoins sociaux et écologiques sont en forte augmentation.

Nouveauté cette année, ce sont des administratrices et administrateurs qui ont organisé l'événement, preuve de leur forte implication.

AG APES 11 juin 2026

Lors de l’AG, Luc Belval et Camille Frazzetta, respectivement président et membre du bureau, ont martelé nos leitmotivs : résistance et adaptation.

Il et elle ont souligné le cœur de métier de l’association : « rapprocher les personnes et les territoires, faciliter l’initiative et la coopération ». Elle et il ont réaffirmé la spécificité de l’APES : accompagner collectivement les acteurs des territoires pour un développement respectueux de l’humain et de l’environnement.

On a beaucoup parlé de la vie de réseau, un axe très important pour se rencontrer, créer du lien et de l’entraide, à l'échelle régionale. On a entendu des témoignages d’adhérentes et adhérents investis. On a présenté les nouveaux formats comme les matinales thématiques et les « Ramène ta gamelle », des temps pensés et animés par des membres du réseau, avec l'APES en appui. Un premier groupe d'adhérent·e·s s'est constitué pour participer au lancement de l'arpentage, dont l'objectif est de sensibiliser et diffuser les pratiques de l’économie solidaire sur les territoires et pour différents publics.

Confrontée à des demandes d’adhérent·e·s ayant des difficultés de trésorerie, l’APES a mis en place un groupe de travail pour explorer l’idée de “caisse de solidarité financière” entre entreprises prêteuses et demandeuses.

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Les échanges de l’après-midi ont été consacrés aux enjeux du financement et du numérique.
Organisés de façon interactive, selon le principe des conférences inversées (Les participant·e·s posent les questions qu’ils ont élaborées lors d’ateliers aux intervenant·e·s), ils ont donné lieu à des interventions et des débats fournis.

Sur les financements, on a re-martelé que l’ESS répond à des besoins fondamentaux et d’intérêt général, et représente le premier employeur de France.

Différentes façons de réagir dans la tourmente ont été citées :

  • communiquer sur l’ESS de façon plus large et nouer des alliances avec les syndicats, les PME, les mouvements de jeunes ?
  • organiser une journée (ou une semaine ?) de grève générale de ce secteur pour en voir les effets si elle disparaissait ?
  • atteindre une mobilisation efficace en s’inspirant de la manifestation de tracteurs des agriculteurs ?

On a aussi proposé de

  • inciter les collectivités à coconstruire les modes de financements dans un dialogue avec les acteurs, comme cela se fait avec certaines d’entre elles
  • chercher d’autres ressources, comme le bénévolat, en travaillant sur sa valorisation non monétaire
  • se tourner vers les financements privés, en partant du sens qu'on donne à son projet, et non en agissant dans l’urgence et en « réaction »
  • créer des récits de nos parcours et de capitaliser les expériences des uns et des autres, repérer les aides possibles qui ne sont pas toutes connues (fonds européens, REV3...)
  • mutualiser et échanger via des plateformes d’échanges de biens et de services, comme Tipimi...

Sur les enjeux du numérique et de l’IA, le débat a été vif et riche.

Les chiffres sont édifiants : 16 millions de personnes éloignées du numérique, faute d’équipement ou de compétences, 58 % des jeunes de 18 à 24 ans en difficultés dans leurs démarches…

On a parlé du « droit au guichet » pour être accompagné par des humains, service qui disparaît au fil des années. On a aussi évoqué l’exploitation des données, l’automatisation de la désinformation, les outils assénés par les géants du web et les alternatives proposées par le mouvement des logiciels libres et des communs numériques.

L’IA, bien sûr, a fait l’objet de nombreuses questions : faut-il avoir un positionnement radical et s’en passer ou faire avec, car on risque de « décrocher » ? Et accessoirement, que pourrait-on décider de faire du temps gagné, et y en aura-t-il vraiment ?
Des financeurs utilisent l’IA pour mesurer l’impact des projets soutenus, ce qui crée beaucoup d’inquiétudes.

On s’est entendu au final sur l’intérêt de prendre le temps de s’approprier les enjeux du numérique. Il existe des systèmes d’IA moins dommageables, à l’impact environnemental moindre, en open source et qui peuvent être corrigés par les contributeurs. L'idée d’une charte de bon usage de l’IA (comme celle du LMA) a été lancée tout en plaidant au niveau national pour un contrôle démocratique.

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Luc Belval a terminé la journée en invitant à intensifier le « faire mouvement » avec toute la diversité des acteurs et au-delà pour arriver à des réponses concrètes et opérantes. Rendez-vous dans les mois qui viennent.

Retrouvez l'ambiance de la journée en vidéo

Faire avec les structures de l'économie solidaire pour organiser la Rencontre des Solidaires, c'est une évidence : le Bazaar St So pour l'accueil, Coop'Manau pour les repas... et Tout là-bas Productions, structure adhérente de l'APES, pour la vidéo !

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