[Portrait de territoire] Hénin-Carvin grimpe le terril de l’ESS et de la transition écologique !

Sur le territoire de la communauté d’agglomération d' Hénin-Carvin (CAHC) couvrant une partie du bassin minier, l’ESS foisonne et avec les contraintes liées au Covid, les coopérations entre organisations se sont renforcées. La collectivité souhaite miser sur celle-ci et la transition écologique pour son développement.

Festival d'art de rue "Les Eclectiques" - Crédits Ose Arts !
Festival d'art de rue "Les Eclectiques" - Crédits Ose Arts !
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-  Portrait de territoire Hénin-Carvin :
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Si cette région connaît des difficultés, le nouvel élu chargé de l’économie, François Théret, a des ambitions. « Il faut prendre le taureau par les cornes, affirme-t-il. Nous voulons bâtir notre projet de développement sur deux axes forts : l’ESS et la transition écologique, pourvoyeurs d’emplois locaux ». Celui-ci souhaite créer un comité où réunir acteurs, élus et société civile pour mettre davantage de liant et mener des projets communs. Une enquête est en cours pour sonder la population sur la transition écologique et l’agglomération soutient des initiatives, comme un garage solidaire qui devrait faciliter les mobilités des habitants. Elle a également aidé l’association Dynamique Insertion Emploi (DIE), qui salarie une centaine de personnes, dans l’achat de son nouveau siège social à Drocourt.

François Théret, nouvel élu chargé de l'économie
François Théret, nouvel élu chargé de l'économie

Un véritable écosystème autour du déchet.


Quoi de commun entre un syndicat mixte de gestion de déchets, une ressourcerie d’insertion et un repair café ? La volonté de réduire les déchets en pariant sur leur valorisation. C’est un véritable écosystème autour de l’économie circulaire qui se développe sur le territoire avec l’ESS en fer de lance.


Côté syndicat mixte, le Symevad, qui couvre 3 collectivités*, mène un gros travail sur la sensibilisation et le soutien aux initiatives. Les ressourceries, repair cafés, collectes d’huiles usagées sont ainsi encouragés. Des partenariats avec des Esat pour fabriquer des couches lavables, plus écologiques, sont en projet.  « Nous privilégions l’humain, la proximité, le concret et le participatif, explique Zoé Poirier, chargée de mission. Et puis ça essaime. » Ainsi le programme « consom’acteurs », qui accompagne les habitants vers le 0 déchet, a-t-il donné envie à certains d’aller plus loin en créant des repair cafés. Celui d’Hénin-Beaumont est né de l’enthousiasme de bénévoles de l’Amicale laïque. « On avait des savoir-faire en bricolage, on a mis en place des ateliers mensuels où l’on répare le petit électroménager », raconte Dominique Alavoine. L’imprimante 3D des radiomodélistes de l’Amicale laïque est mise à profit pour fabriquer des petites pièces difficiles à trouver en magasin. « Les gens viennent, regardent, reviennent, certains se prennent au jeu, prennent plaisir à réparer. »
Côté ressourcerie, ce sont des salariés en insertion de l’association DIE qui récoltent, trient, rénovent et vendent des objets et du mobilier qui trouvent une seconde vie. « Tous ces métiers supports permettent à ces personnes de développer des compétences qu’elles pourront valoriser en sortant de l’association», indique son directeur Guillaume Clayssens. L’association a été labellisée ISO9001 pour sa démarche qualité, pas si fréquent pour une entreprise de ce type.
Dans ce cercle vertueux, insertion, bénévolat, écologie, économie et lien social s’entremêlent pour participer à créer un territoire durable.
symevad.org
DIE
Page Facebook du Repair café

* Communautés d’Agglomérations du Douaisis, Hénin-Carvin et Communauté de Communes Osartis-Marquion


 

Village zéro déchet - Crédits Symevad
Village zéro déchet - Crédits Symevad
Ressourcerie de DIE
Ressourcerie de DIE

La culture et son filet d’entraide


« Malgré la période, les nombreuses structures culturelles du territoire continuent, voire renforcent leur travail partenarial », note Sébastien Lhopital, chargé de mission de la CAHC. D’habitude, celles-ci mutualisent des moyens, accueillent les spectacles des collègues, affrètent des bus pour à aller voir des spectacles dans une autre ville, réalisent des prestations les unes pour les autres… A présent, on s’adapte, on invente, on se glisse dans les interstices... L’association Droit de cité, confrontée à l’annulation de son festival de musique, est ainsi venue chanter aux portes d'entrée des habitations. Ose Arts !, qui pratique l’éduc’ pop’ à Carvin et organise le festival d’art de rue « les Eclectiques », développe les interventions dans les écoles et prend langue avec des maisons de quartier. Mine de culture, axée sur la valorisation de la diversité linguistique, projette de lire des textes dans les halls d’immeuble d’Hénin-Beaumont et d’organiser des concours d’écriture. Franche Connexion et son Ecole buissonnière à Montigny-en-Gohelle animent des ateliers d’écriture dans les écoles. Au centre culturel lEscapade, qui a gardé son ADN d’ex-maison des jeunes, le jardin des partages continue d’être ouvert aux habitants qui le soignent aux petits oignons. Et on piaffe d’impatience à l’idée de faire intervenir la compagnie de théâtre La Collective Ces Filles-Là dans un collège autour de la question du féminisme et de l’égalité femmes/hommes. « On a les mêmes contraintes, on a intérêt à travailler ensemble », note Victoria Buzinovski, d’Ose Arts ! « On tisse un maillage serré de coopérations entre nous, rebondit Christelle Defrain de l’Escapade. Tandis que Suzie Giesek de Mine de culture martèle : « Justement en ces temps difficiles, on ne peut pas rester les bras croisés. Il faut continuer à favoriser la culture et l’expression de toutes et tous. »
ose-arts.fr
francheconnexion.fr
escapadetheatre.fr
Page Facebook de minedeculture


 

Jardins de l'Escapade
Jardins de l'Escapade

La Locomotive localise la restauration.


Le local, c’est le maître-mot de cette entreprise d’insertion née à Oignies il y a deux ans de l’énergie d’Anne Botton, passée auparavant par la restauration classique et l’insertion. Ici, on cuisine des plats traditionnels faits maison avec pour partie des produits de la ferme voisine. Ici, on embauche des habitants de la commune. Ici, on sert des clients travaillant dans les environs, agréablement surpris par les plats et le service. « La majorité des personnes passées par le restaurant ont développé suffisamment de compétences pour être embauchées dans le circuit classique, qui recrute, note celle qui assume son exigence de professionnalisme tout en assurant un accompagnement au plus près. Je fais le pari que les gens ont la capacité d’évoluer. »
Ouverte en période Covid, elle a développé les plats à emporter et échafaude des projets de coopération avec l'agriculteur voisin et de livraison par triporteur. « On est toujours gagnant à travailler à plusieurs. »
restaurant-lalocomotive.fr


 

Crédits La Locomotive
Crédits La Locomotive